Insertion professionnelle à Wallis-et-Futuna : le chantier d’emploi en pratique
Wallis-et-Futuna n'indemnise pas le chômage, si bien que l'insertion professionnelle s'appuie surtout sur les chantiers de développement local, la prime à l'embauche des jeunes et le microcrédit, trois leviers très différents qu'il faut distinguer avant de choisir.
Un marché de l'emploi sans indemnité chômage
Le territoire n'indemnise pas le chômage, si bien que s'inscrire comme demandeur d'emploi n'a aucun caractère obligatoire et que les statistiques officielles du nombre de personnes sans activité restent approximatives, de l'aveu même de l'IEOM.
Cette particularité explique le rôle des dispositifs d'insertion, qui remplacent en partie l'assurance chômage connue en métropole mais fonctionnent selon des règles bien distinctes, qu'il importe de comprendre avant de s'y engager et de renoncer, le cas échéant, à une autre source de revenu.
Ce que sont les chantiers
Instaurés en 1991, les chantiers de développement local apportent un soutien financier temporaire à des demandeurs d'emploi en difficulté, en contrepartie de travaux d'intérêt général réalisés pour la collectivité ou pour des associations.
On y mène des actions de protection de l'environnement, d'artisanat ou d'accompagnement de personnes handicapées, sous la conduite d'une association ou d'une collectivité qui organise le travail et suit la présence des participants.
Combien de personnes y participent
L'IEOM dénombre neuf cent soixante-treize participants en 2021, dont cent quarante et un jeunes et huit cent trente-deux adultes, un effectif en hausse par rapport aux deux années précédentes, qui tournaient autour de huit cent soixante-quinze personnes.
Rapporté à une population active d'environ quatre mille personnes au dernier recensement cité, ce chiffre montre l'importance de ce dispositif dans la vie économique et sociale des deux îles, où l'emploi salarié reste rare et très concentré dans le secteur public.
Associations porteuses et choix du chantier
Environ quarante associations locales aident à mettre en œuvre les projets, et c'est souvent auprès d'elles, ou de la circonscription, que l'on apprend quelles places sont ouvertes et quand débute la prochaine session.
Choisir un chantier correspondant à ses compétences, plutôt que le premier disponible, augmente les chances d'en tirer une expérience utile pour la suite du parcours et de convaincre ensuite un futur employeur, un artisan ou un exploitant agricole de vous confier un poste.
Une prime pour embaucher un jeune
Depuis 2004, l'employeur qui recrute une personne de seize à vingt-cinq ans perçoit une prime calculée en pourcentage du salaire minimum garanti, versée pendant plusieurs années avec un taux qui diminue progressivement d'une année à l'autre, ce qui allège le coût sans le supprimer.
L'IEOM relève toutefois que cette aide devient inférieure au coût réellement supporté par l'entreprise, et les conditions en vigueur sont donc à vérifier auprès des services du territoire avant tout recrutement, notamment pour savoir si l'embauche envisagée ouvre bien droit à la prime.
Candidats : préparer un dossier convaincant
Un curriculum même court, une lettre d'intention et les copies de diplômes ou d'attestations aident à valoriser un parcours, y compris informel, auprès d'un employeur ou d'une association qui reçoit de nombreuses candidatures.
Mentionner les savoir-faire acquis dans la pêche, l'agriculture ou la construction traditionnelle compte, car ces secteurs structurent l'économie de Wallis comme de Futuna et recherchent des personnes déjà familiarisées avec leurs gestes, leurs outils et leurs rythmes de travail, ce qui rassure l'employeur.
Se former hors du territoire
Beaucoup de jeunes envisagent un départ vers la Nouvelle-Calédonie ou l'Hexagone pour acquérir une qualification absente des îles, projet qui suppose de bien mesurer le coût de la vie sur place avant de partir.
Il implique un budget de départ, un logement et parfois un prêt, d'où l'intérêt de se renseigner sur les bourses, dont la rubrique figure parmi les démarches du site de l'Administration supérieure, à consulter avant toute décision de départ.
Créer sa propre activité plutôt qu'attendre
Pour qui préfère travailler à son compte, le microcrédit de l'ADIE, installée sur Wallis dès 2009 puis sur Futuna en 2013, finance de petits projets et a déjà soutenu des personnes dépourvues de compte bancaire.
Ses prêts exigent toutefois un garant et un remboursement régulier, de sorte qu'il faut valider la viabilité de l'activité envisagée avant de signer, en s'appuyant sur des commandes ou des clients déjà identifiés.
Le rôle limité du crédit bancaire
Seule banque installée sur le territoire d'après l'IEOM, l'établissement local étudie les demandes selon la stabilité des revenus et les garanties, des critères difficiles à remplir pour un demandeur d'emploi sans contrat ni revenu régulier, et qui ne dispose pas toujours d'un apport.
Emprunter pour attendre un hypothétique contrat accroît le risque d'impayé, et un projet précis, assorti d'un apport personnel et d'un devis, reste bien préférable à une demande de trésorerie sans objet déterminé, que l'établissement hésiterait à accepter sans projet clairement chiffré.
Et si le dossier est écarté ?
Un refus de chantier ou de prime peut tenir à des places limitées, à un dossier incomplet ou à l'ordre de priorité fixé par les circonscriptions, sans que cela dise quoi que ce soit de la valeur du candidat.
Demander le motif, déposer à nouveau lors de la prochaine session et explorer parallèlement l'option associative ou le microcrédit constituent des pistes réalistes pour ne pas rester sans solution pendant plusieurs mois, sans revenu ni perspective immédiate de reprise d'activité.
Éviter les promesses d'emploi à l'extérieur
Des offres de travail à l'étranger exigeant un paiement préalable circulent parfois par messagerie, et elles doivent éveiller la méfiance du candidat comme de sa famille, qui parfois avance l'argent du voyage en espérant que le départ résoudra enfin les difficultés du foyer.
Vérifier l'existence réelle de l'employeur, demander un contrat écrit et ne jamais avancer de frais non justifiés protège une épargne souvent constituée avec beaucoup de peine, au fil de plusieurs années de petits travaux.
Contrôler l'information à la source
Les règles de chaque dispositif relèvent du Territoire et évoluent par délibération, si bien qu'un article ancien ou un rapport économique daté de plusieurs années peut présenter des conditions désormais périmées, voire un dispositif supprimé ou profondément transformé entre-temps.
On confirmera donc les conditions du moment auprès de l'Administration supérieure, de la circonscription ou de l'association porteuse du chantier, avant d'organiser sa recherche d'emploi autour d'une aide supposée acquise, mais qui ne serait finalement plus proposée au moment du dépôt.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un chantier de développement local ?
C'est un dispositif créé en 1991 qui apporte un soutien financier temporaire à des demandeurs d'emploi en difficulté, en échange de travaux d'intérêt général menés avec des associations ou des collectivités du territoire de Wallis-et-Futuna.
Le chômage est-il indemnisé à Wallis-et-Futuna ?
Selon l'IEOM, le chômage n'y est pas indemnisé, et l'inscription comme demandeur d'emploi n'est pas obligatoire. Les chantiers et les aides à l'embauche jouent donc un rôle central pour l'insertion de celles et ceux qui cherchent un revenu.
Existe-t-il une aide pour embaucher un jeune ?
Une prime à l'embauche des jeunes de seize à vingt-cinq ans existe depuis 2004. Son montant et ses conditions actuels sont à confirmer, l'IEOM jugeant qu'elle ne couvre plus pleinement le coût d'un recrutement pour l'employeur.
Peut-on créer une activité sans compte bancaire ?
L'ADIE, présente sur les deux îles, a financé de petits projets y compris pour des personnes sans compte. Un garant reste exigé et aucune acceptation n'est assurée, il faut donc tester soigneusement la viabilité de l'activité envisagée.
Organismes et contacts utiles – Wallis-et-Futuna
- Administration supérieure de Wallis-et-Futuna — Site de la préfecture : rubriques Recrutements, Service civique et dossiers de bourse, utiles pour repérer les offres publiques.
- IEOM, rapport annuel sur l'emploi — Chapitre du rapport économique présentant les chantiers de développement local, la prime à l'embauche des jeunes et l'état de l'emploi.
- ADIE — Association de microcrédit présente à Wallis et à Futuna : finance de petits projets d'activité et accompagne l'emprunteur pendant le prêt.
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