Partir se former depuis Wallis-et-Futuna : l’aide à la mobilité décryptée

Depuis Wallis-et-Futuna, se former en Nouvelle-Calédonie ou en métropole suppose de combiner plusieurs soutiens publics, comme le passeport mobilité professionnelle, le programme Cadres pour Wallis-et-Futuna, le service militaire adapté ou la continuité territoriale pour le billet.

Pourquoi partir pour se former

L'enseignement secondaire est assuré par le Vice-rectorat et le primaire par l'enseignement catholique, mais beaucoup de cursus professionnels et supérieurs ne se suivent qu'à l'extérieur du territoire, faute d'établissements locaux pour les familles qui cherchent un métier précis.

Cette réalité impose d'anticiper le voyage, l'hébergement, la durée de la formation et le retour, avant même de choisir l'établissement, car chaque étape a un coût et des délais propres, sans oublier de prévoir un budget de départ réaliste.

Le passeport mobilité professionnelle

Géré avec le service de l'inspection du travail et des affaires sociales, ce passeport a bénéficié à trente-huit personnes en 2020, d'après le rapport annuel de l'IEOM, contre soixante-deux l'année précédente, ce qui illustre la taille modeste du dispositif.

Il s'adresse à des personnes qui doivent quitter le territoire pour une formation professionnelle, et ses modalités précises, comme les plafonds ou les pièces, se confirment auprès du service gestionnaire avant le départ, et non après l'inscription.

Le programme Cadres pour Wallis-et-Futuna

Lancé en décembre 2002, ce programme finance des études supérieures après le baccalauréat en Nouvelle-Calédonie ou en France pour des jeunes actifs, des demandeurs d'emploi ou des étudiants du territoire, sous réserve des conditions fixées par les organisateurs.

Un retour dans la collectivité d'origine est attendu des bénéficiaires, dix d'entre eux étant en formation en 2020 selon l'IEOM, contre neuf en 2019, ce qui montre un programme de petite taille fondé sur l'investissement dans les compétences locales.

Formations en métropole via l'AFPA

En 2020, deux stagiaires seulement ont rejoint les centres de l'AFPA en métropole, contre dix-sept en 2019, la pandémie ayant empêché de nombreux départs prévus depuis le territoire vers la France, une année exceptionnelle à tous égards.

Le chiffre fluctue donc fortement d'une année à l'autre, et un candidat doit se renseigner tôt sur les places disponibles et les calendriers, avant même de commencer à préparer ses valises, notamment en période de restrictions de voyage.

Service militaire adapté pour les moins de 26 ans

Présent à Wallis-et-Futuna depuis 2016, le SMA propose à des jeunes de moins de vingt-six ans une formation suivie en Nouvelle-Calédonie ou en Polynésie française, avec un retour prévu sur le territoire, ce qui offre un cadre structuré à de jeunes volontaires.

Les participants reviennent avec un métier, et onze places ont été offertes en 2020 d'après le rapport annuel de l'IEOM, contre cinq en 2019, une sélection restant à passer pour y accéder ; les candidatures se déposent via les services de l'État.

Études à distance et Campus connecté

Le territoire a reçu le label Campus connecté et ouvert une université numérique début 2021, avec des salles équipées et un tuteur pour dix étudiants, ce qui rapproche l'enseignement supérieur des familles, pour des cours suivis à distance.

Cette solution permet de suivre un cursus supérieur à distance sans quitter l'île, ce qui supprime le coût du voyage et du logement, même si l'offre de diplômes reste plus étroite qu'ailleurs, et le tutorat compense en partie l'éloignement.

Les bourses pour étudier ailleurs

La préfecture propose des dossiers de bourse et l'action sociale du territoire soutient les boursiers étudiant hors de l'archipel, mais les conditions se vérifient auprès du service concerné avant de s'inscrire dans un établissement.

L'Assemblée territoriale peut aussi voter des bourses financées par le budget local, selon ses compétences en matière d'éducation, ce qui ajoute une piste à explorer en parallèle des aides de l'État, sous des conditions propres à ces aides.

Le billet : l'aide à la continuité territoriale

Les résidents habituels dont le quotient familial reste sous un plafond peuvent obtenir une aide forfaitaire pour un aller-retour en classe économique vers la métropole, utile pour un départ en formation, sous réserve de déposer le dossier avant le départ.

Elle se demande avant le départ, n'est accordée qu'une fois tous les quatre ans et n'est pas cumulable avec un autre dispositif du fonds de continuité territoriale, ce qui oblige à choisir le bon moment.

Où déposer ses demandes

Le Service des affaires économiques et du développement de l'Administration supérieure instruit l'aide au voyage, avec un guichet à Havelu pour Wallis et une annexe à Leava pour Futuna, ouverts en semaine, de 7 h 30 à 15 heures.

Pour la formation, le Vice-rectorat à Mata'Utu et le service de l'inspection du travail sont les deux relais les plus utiles, le premier pour l'orientation et le second pour les dispositifs de mobilité.

Financer le reste avec prudence

Un prêt personnel de la banque locale, longtemps limité à quarante-huit mois avec cession sur salaire selon l'IEOM, n'est utile que si la formation débouche rapidement sur un revenu stable pour rembourser, faute de quoi la dette pèsera lourd.

Avant de signer, comparez la mensualité aux ressources de la famille, car la mobilité ajoute loyer, transport, assurance et dépenses imprévues que le dossier d'aide ne couvre pas toujours entièrement, un budget à anticiper.

Préparer le retour et l'emploi

Plusieurs dispositifs attendent un retour au territoire, et une formation sans projet d'emploi local risque de laisser le diplômé sans débouché dans un marché du travail très restreint, dominé par le secteur public.

Parlez de votre projet avec les services de l'emploi, qui évoquent aussi des aides comme la prime à l'emploi versée aux entreprises recrutant un jeune en contrat à durée indéterminée, par exemple avant de choisir une filière.

Alternatives si aucune aide n'est accordée

Si votre demande est refusée, un chantier de développement, un service civique ou des cours en ligne peuvent offrir une première expérience avant un nouveau dépôt, tout en maintenant une activité utile sur le CV.

Le pôle social aide à choisir la voie la plus réaliste, plutôt qu'un crédit lourd dont rien ne garantit le retour sur investissement, surtout lorsque le marché local de l'emploi reste étroit, avant de s'endetter.

Questions fréquentes

Quelle aide finance le billet pour partir se former ?

L'aide à la continuité territoriale, forfaitaire et soumise à un plafond de quotient familial, couvre un aller-retour économique vers la métropole une fois tous les quatre ans ; les exceptions et conditions sont à vérifier auprès de l'Administration supérieure.

Qu'est-ce que Cadres pour Wallis-et-Futuna ?

C'est un programme créé en 2002 qui finance des études supérieures en Nouvelle-Calédonie ou en France, avec un retour attendu dans la collectivité d'origine ; les conditions d'accès se confirment auprès du service gestionnaire du territoire.

Le service militaire adapté est-il ouvert aux jeunes de Wallis-et-Futuna ?

Oui, depuis 2016, pour des moins de vingt-six ans, avec une formation suivie en Nouvelle-Calédonie ou en Polynésie française ; l'admission dépend d'une sélection et du nombre de places offertes chaque année ; renseignez-vous auprès des services de l'État.

Peut-on étudier sans quitter le territoire ?

Oui, grâce au Campus connecté et à l'université numérique ouverte début 2021, qui offrent des cours à distance dans des salles équipées avec tutorat ; l'offre précise des cursus se demande au Vice-rectorat de Mata'Utu.

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